Dans ce roman au style très vif, Frédéric Beigbeder, ancien publicitaire reconverti dans la littérature, décrit un peu son propre parcours, ses angoisses, et nous offre un portrait pas gégène de notre société actuelle, vampirisée par le capitalisme libéral absolu et les cultes de l'argent, de la jeunesse, du sexe et de la performance. Des Art Directors aux dents longues, un séminaire au Sénégal, une vie de famille dissolue, un hôpital psychiatrique, un réalisateur incompétent, le Festival de la Publicité de Cannes, des fonds de pension américains qui s'en mettent plein les fouilles et la vie à Miami, paradis du superficiel déjà décrié ici... Le tout parsemé de slogans, de spots et de petites vérités : une peinture peu glorieuse de notre monde des années 2000.
A noter que le roman, désormais intitulé 14,99 ¤, va être adapté très prochainement au cinéma, avec Jean Dujardin dans le rôle principal. Le film est coproduit par Arte, qui ne diffuse pas de pubs sur son antenne. Aucune autre chaîne n'a voulu prendre le risque de se fâcher avec les annonceurs...
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En ce temps-là, on mettait des photographies géantes de produits sur les murs, les arrêts d'autobus, les maisons, le sol, les taxis, les camions, la façade des immeubles en cours de ravalement, les meubles, les ascenseurs, les distributeurs de billets, dans toutes les rues et même à la campagne. La vie était envahie par des soutiens-gorge, des surgelés, des shampooings antipelliculaires et des rasoirs triple-lame. L'oeil humain n'avait jamais été autant sollicité de toute son histoire : on avait calculé qu'entre sa naissance et l'âge de 18 ans, toute personne était exposée en moyenne à 350.000 publicités. Même à l'orée des forêts, au bout des petits villages, en bas des vallées isolées et au sommet des montagnes blanches, sur les cabines des téléphérique, on devait affronter des logos Castorama, Bricodécor, Champion Midas et La Halle aux Vêtements. Il avait fallu deux mille ans pour en arriver là.




