Tintin au Congo : la polémique enfle...

Tintin au Congo : la polémique enfle...
Ce soir, le dernier sujet du Six', le journal du soir de M6, était consacré à la bande dessinée, plus particulièrement à la deuxième aventure de Tintin, à savoir Tintin au Congo, parue en Belgique entre 1930 et 1931. Le scénario, rapidement : le jeune reporter est envoyé dans la colonie belge en Afrique afin de réaliser un reportage, et découvre un réseau de trafiquants de diamants lié à Al Capone (ce qui le fera partir en Amérique). Au cours de ses péripéties, évidemment, il rencontre des indigènes.

Et
c'est là que le bât blesse : l'oeuvre d'Hergé est paternaliste, colonialiste, empreinte de préjugés envers les autochtones et, disons-le carrément, assez raciste. Hergé l'a en effet reconnu et déploré a posteriori : il s'est inspiré des discours que tenaient ceux qui l'entouraient sur le Congo belge, où il n'a d'ailleurs jamais mis les pieds, et sur le rôle positif des colons en Afrique. Cela ne l'a pas empêché de prendre des positions diamétralement opposées quelques années plus tard dans Le Lotus Bleu : comme quoi, les gens changent et tout le monde peut se tromper.

Or, que
veut-on lui faire, à cette bande dessinée, en 2007 ? Un procès d'intentions complètement tordu qui vise à la censurer !!! Non, vous ne rêvez pas : un étudiant congolais a récemment porté plainte contre la société Moulinsart SA, gestionnaire des droits d'auteur et d'exploitation des personnages d'Hergé, pour infraction à la législation sur le racisme. Il demande un euro symbolique de dommages et intérêts et (c'est pire) l'interdiction pure et simple de la vente de cette bande dessinée, aux enfants comme aux adultes...

Evi
demment, les partisans de la liberté ne pourront qu'exprimer leur dégoût quant à cette plainte qui sort Tintin au Congo de son contexte, ce qui est une erreur grave. La première règle lorsqu'on étudie une oeuvre est de s'intéresser aux conditions de sa publication. Oui, Tintin au Congo est raciste et ne correspond pas aux réalités de l'Afrique : en effet, le colonialisme y est exacerbé, fortement valorisé, et les Noirs sont vus comme des enfants, des simples d'esprit, incapables de travailler avec courage ou de parler correctement le français (contrairement aux singes et aux éléphants). Je pense surtout que c'est un racisme bête mais pas foncièrement méchant, sans doute dû à l'ignorance et à l'enfermement dans des préjugés de métropolitains. Alors, envoyer Tintin au Congo au rayon pour adultes, comme c'est le cas actuellement aux Etats-Unis, éventuellement, car il est vrai qu'entre de mauvaises mains, il peut influencer négativement... Mais de là à ce que l'album soit censuré, il y a un fossé que nous ne devons pas traverser.

Car en élar
gissant un peu, on pourrait se rendre compte que, si la liberté était règle absolue dans notre démocratie (ce qui n'est pas le cas), aucune oeuvre ne mériterait la censure. Même le Manifeste du Parti Communiste, même Le Petit Livre Rouge et même Mein Kampf. Et n'allez surtout pas m'attribuer des sympathies pour le stalinisme, le maoïsme ou le national-socialisme : personnellement, les totalitarismes m'impressionnent et me débectent tout à la fois. Ce que je veux dire, c'est qu'une oeuvre aujourd'hui contestée doit être clairement expliquée et replacée dans son contexte avant d'être lue : il faut bien la situer dans l'Histoire, valoriser ses forces et pointer du doigt ses faiblesses, dénoncer ouvertement ses caractères discriminatoires, pour finalement voir quelles en ont été les implications et les conséquences.

Et alors, si
toutes ces conditions étaient respectées, la lecture d'oeuvres controversées ne me poserait aucun problème. C'est le cas dans les cours d'histoire-géographie : en étudiant en classe une affiche de propagande nazie, ou des photos du camp d'Auschwitz-Birkenau, ou Les Dieux du Stade de Leni Riefenstahl, j'ai peine à croire que les professeurs veulent enrôler leurs élèves dans des Jeunesses Hitlériennes nouvelle génération. Pourquoi ? D'abord, parce que tous savent dans quel contexte replacer ces documents historiques, et comment les étudier correctement (c'est-à-dire avec des pincettes). Surtout, parce que tous sont dotés d'un libre-arbitre acquis dès l'âge de raison, libre-arbitre qui leur permet de peser le pour et le contre et de se forger leur propre opinion. Il ne faut pas l'oublier : hormis les jeunes enfants, la plupart des lecteurs de Tintin au Congo sont capables de cerner le racisme primaire qui suinte de cette oeuvre (et que, une fois encore, Hergé regretta par la suite), et de s'en prémunir.

Je c
onclurai par cette citation de Voltaire sur la liberté d'expression : Je ne suis pas d'accord avec ce que vous dites, mais je me battrai jusqu'au bout pour que vous puissiez le dire. Quitte à tout remettre en cause par la suite... N'hésitez pas à réagir !

# Posté le mercredi 08 août 2007 18:13

Modifié le jeudi 09 août 2007 05:00

Les procès aux States...

Les procès aux States...
Vous savez tous qu'aux Etats-Unis, du moment qu'on a un bon avocat, on peut gagner n'importe quel procès. Un jury décerne chaque année un Prix Stella récompensant les procès les plus délirants, en hommage à Stella Liebeck, 81 ans, originaire du Nouveau-Mexique, qui s'est renversé du café McDonald brûlant sur les cuisses, le sexe et les fesses... et a obtenu 2 900 000 $ de dommages et intérêts.

Parmi les affaires suivantes, laquelle préférez-vous ?

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Janvier 2000. Un jury populaire du Texas accorda 780 000 $ à Kathleen Robertson pour s'être foulée la cheville en trébuchant sur un enfant en bas-âge courant entre les rayons d'un supermarché. Les propriétaires du magasin furent considérablement surpris par le verdict, considérant que le jeune trouble-fête était le fils de Mme Robertson.

Juin 1998. Carl Truman, 19 ans, de Los Angeles, gagna 74 000 $ plus frais médicaux lorsque son voisin roula sur sa main avec sa Honda Accord. Mr Truman n'avait apparemment pas remarqué la présence de son voisin au volant alors qu'il lui volait ses enjoliveurs.

Octobre 1998. Terrence Dickson, Pennsylvanie, quittait la maison qu'il venait de cambrioler en passant par le garage. Incapable de ressortir, en raison du malfonctionnement de la commande automatique de la porte du garage, il ne put réintégrer la maison, la porte reliant la maison au garage s'étant fermée à clé lorsqu'il l'avait claquée. Les occupants de la maison étaient en vacances. Mr Dickson se retrouva enfermé dans le garage pendant 8 jours. Il survécu grâce à un casier de Pepsi et un grand sac de nourriture pour chien déshydratée. Il poursuivit les propriétaires de la maison en justice, clamant la torture morale engendrée par la situation. Le jury lui octroya un demi million de dollars.

Octobre 1999. Jerry Williams, Arkansas, gagna 14 500 $ plus frais médicaux après avoir été mordu par le chien de son voisin. Le chien était enchaîné à la clôture intérieure du jardin. Le montant accordé à Mr Williams fut moins élevé que prévu car le jury estima que le chien avait peut-être été un rien provoqué par Mr Williams qui lui tirait dessus au fusil à plombs.

Mai 2000. Un restaurant de Philadelphie fut contraint de verser 113 500 $ à Amber Carson après qu'elle s'est cassée le coccyx en glissant sur du soda. Le soda était sur le sol parce que Mlle Carson l'avait envoyé à la tête de son petit ami 30 secondes plus tôt au cours d'une dispute.

Décembre 1997. Kara Walton, Delaware, gagna son procès contre une boîte de nuit d'une ville voisine lorsqu'elle les poursuivit car étant tombée par terre depuis la fenêtre des toilettes elle s'était cassée 2 dents. Ceci était arrivé alors que Mlle Walton essayait de s'esquiver par la fenêtre pour éviter de payer 3,50 $ de boisson. Le jury lui octroya 12 000 $ plus les frais de dentiste.

Novembre 2000, Oklahoma City. Mr Grazinski acheta un camping-car Winnebago flambant neuf de 10 mètres de long. Lors de son retour chez lui, s'étant engagé sur l'autoroute, il lança le véhicule à 110 km/h et le mit en mode pilotage assisté. Puis, il quitta le siège du conducteur pour se préparer un café à l'arrière. Évidemment, le camping-car quitta la route et s'écrasa plus loin après une série de tonneaux. Mr Grazinski poursuivit Winnebago pour ne l'avoir pas prévenu, via le guide de l'utilisateur, qu'il ne pouvait pas faire ça. Il gagna 1 750 000 $ plus un nouveau camping-car. Winnebago fit en plus changer son guide d'utilisation au cas ou d'autres parfaits crétins achèteraient leurs véhicules.

# Posté le mercredi 08 août 2007 03:51

Modifié le dimanche 12 août 2007 04:45

A Anaïs...

A Anaïs...
Ci-contre, la couverture Festivus Festivus, de Philippe Muray et Elisabeth Lévy (Fayard).
Rien à voir avec le texte... sauf peut-être la photo.

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Hier soir, écriture de mails et lecture de coms. Une certaine Anaïs m'a écrit, à l'article précédent (intitulé Incroyable : j'ai été publié sur le site Guardian Unlimited !) :


J'ai fait l'effort quasi surhumain de lire ton blog jusqu'à la fin... ce qui s'avère être une sorte de libération et une question me turlupine : comment peut-on être aussi imbu de sa personne ? Peut-être sauras-tu me répondre mais je ne te promets aucune publication.

Publication sur quoi ? Je n'en sais rien, elle n'a pas laissé d'adresse de blog ni d'adresse mail. Mais bon, voilà ma réponse : imbu de moi-même ? Je ne pense pas l'être, je fais des efforts pour ne pas l'être et si ça échoue, je tiens à m'en excuser. J'essaie d'être un gars humble, discret, pas forcément réservé mais en tout cas, je tente de garder un ego à peu près proportionné.

Si tu savais comme je suis timide en réalité ! Il faut me voir au milieu de la rue de Gros-Horloge un samedi après-midi : les mains dans les poches, la tête baissée, évitant de croiser les regards des autres, et des autres jeunes en particulier... Il paraît que c'est drôle à voir, et je veux bien le croire. Puisque tu veux des explications, je vais t'en donner : j'ai passé des moments pas toujours roses au collège, parce que j'étais la tête de Turc (d'autres personnes peuvent te le confirmer), et j'ai apprécié les années lycée comme une libération et un épanouissement incroyable. En trois ans, je suis devenu quelqu'un d'autre, beaucoup plus ouvert d'esprit et beaucoup plus détendu. Et peut-être que dorénavant, j'ai tendance à virer égocentrique (on m'en a déjà fait la remarque, tu l'as sans doute lu dans ce blog)... ce que je déplore tout autant.

Un blog, c'est un espace personnel. En l'occurence, je l'utilise pour communiquer et parler de tout et de rien, à chaque fois avec une touche personnelle et pas mal de second degré ; ainsi, ce n'est peut-être qu'une parodie d'égocentrisme qui t'a mise hors de toi... Si tu viens sur un blog pour lire de simples copier-coller d'images ou de textes venant d'Humour.com, de YouTube ou de Getty Images, alors il ne faut pas venir ici. Ce que je cherche, c'est provoquer la discussion, le débat. C'est pas toujours réussi, mais j'assume la totalité de mes articles. On m'a toujours appris à garder la tête droite, mais aussi à ce qu'elle ne grossisse pas et, je l'avoue, j'ai encore un peu de mal à trouver le juste équilibre et effectivement, ça peut déborder. J'en suis désolé, encore une fois.

En espérant que la réponse te satisfera.

# Posté le lundi 06 août 2007 17:57

Incroyable : j'ai été publié sur le site Guardian Unlimited !

Incroyable : j'ai été publié sur le site Guardian Unlimited !
Non, non, vous ne rêvez pas ! Un simple étudiant, français qui plus est, peut tout à fait se voir accéder aux colonnes web d'un des journaux les plus lus et les plus appréciés de Grande-Bretagne ! Car The Guardian, c'est une institution : créé en 1832, le journal de centre-gauche tire chaque jour à 395.000 exemplaires... soit 90.000 de plus que Le Monde ! Excusez du peu !

A
lors, certes, ce n'est pas dans Comment & Analysis (des chroniques éditoriales) que vous pourrez me lire. Pas plus que dans les articles de fond sur l'actualité internationale, l'économie, les médias, et encore moins sur les sports. Mais c'est dans le g², ce supplément détente du journal. L'une des rubriques les plus prisées de ce supplément, en-dehors du dossier assez original, c'est Notes & Queries, dont le principe est simple : vous avez une question, drôle ou sérieuse, souvent anecdotique, mais toujours originale, et dont la réponse n'est pas une évidence ? Vous pouvez la soumettre au journal, qui la publie : les lecteurs se précipitent alors pour y répondre, par courrier ou par Internet, et les meilleures réponses sont sélectionnées et publiées à la fois sur le site Internet et dans le quotidien papier.

Et c'est
là que la magie opère. Trois questions qui m'ont interpellé lors de ma dernière visite (je crois qu'elle remonte à jeudi), et trois réponses courtes et drôles que j'ai envoyées à la rédaction du journal. Apparemment, ça leur a plu, puisqu'elles ont été publiées sur Internet. Je n'ai pas vérifié la presse (il faut aussi dire que quand je suis allé au Relay Presse de la Gare de Rouen-Rive-Droite, j'ai eu affaire à une fille peu aimable, et ça ne donne pas envie d'y retourner), mais il me semble que mon nom pourrait apparaître dans The Guardian demain, et dans le Guardian Weekly (la version hebdomadaire du journal) dès jeudi prochain. Wait and see, comme on dit outre-Manche !

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Voici les pages auxquelles vous pourrez lire les questions et les réponses proposées :

What happens to paperclips?
(Qu'arrive-t-il aux trombones ?)


Is the Bible true?
(La Bible dit-elle la vérité ?)


What will be the very last question asked on Notes & Queries?
(Quelle sera la toute dernière question posée dans Notes & Queries ?)

# Posté le dimanche 29 juillet 2007 16:55

Modifié le vendredi 03 août 2007 10:41

Ces rêves étranges et pénétrants...

Ces rêves étranges et pénétrants...
Ci-contre : Le Rêve, Pablo Picasso (1932).

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Hier soir, j'entends un gros Boum ! dans la rue (probablement un pétard, reste du 14 Juillet). Avant de se recoucher, ma mère me raconte le rêve qu'elle était en train de faire : d'abord, elle était dans une ferme dont le hangar, envahi par les rats, était empli à ras bord de patates ; les morceaux de patates volaient dans tous les sens, et ils ont servi à consolider les murs qui allaient s'effondrer d'un instant à l'autre. Puis elle faisait une course avec sa collègue factrice : ma mère en scooter de La Poste, sa collègue en poussant un vélo jaune sur lequel était assis un unijambiste ; et alors, après un virage, la collègue et l'unijambiste à vélo prennent un raccourci... ce qui est de la triche ! Quel est le sens de ce rêve ? Aucune idée.

Je repense alors à un autre rêve que j'ai fait il y a quelques mois. Pour une raison que j'ignore encore, je dois emmener les enfants de ma voisine à l'école maternelle (la mienne, pas la leur), en prenant le métro. Sur le trajet, je discute avec eux et m'aperçois que la petite fille ne parle que l'espagnol. Une fois descendus du métro, nous traversons la rue et là, Paul, un ancien de l'école primaire et du lycée, débarque en voiture. Il attache le bras de l'autre enfant à sa portière et accélère. Moi, je me tiens à l'autre bout du petit garçon, quand soudain, je lâche. Je me mets alors à glisser sur le dos sur toute la rue de l'école (au moins 200 mètres), traverse l'avenue de Paris et finis dans la Seine ! Allez comprendre...

Les rêves peuvent-ils être expliqués ? Pour Sigmund Freud et consorts, il n'y a pas de doute. Mais attention ! Ils doivent toujours être replacés dans un contexte, celui du psychisme et du vécu du patient. Aussi, les petits livres sur l'interprétation des rêves doivent être lus avec des pincettes, car leurs théories ne sont peut-être pas appliquables à vos propres rêves !

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Et vous, quel fut votre rêve le plus étrange ?

# Posté le jeudi 26 juillet 2007 03:54

Modifié le vendredi 27 juillet 2007 03:11