Et oui, c'est la reprise !

Et oui, c'est la reprise !
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Voilà, c'est fini. Je n'arrive pas à croire que demain, c'est la rentrée des classes. Je vais débarquer en Khâgne, cette section pour sado-masochistes où on passe sa vie dans les bouquins (et le Harrap's, tout particulièrement pour moi). Une trentaine d'heures de cours, dont dix d'anglais, des devoirs à n'en plus finir, des dissertations et des trados à tour de bras, sans oublier quelques petits extras...

Mais comment regretter l'année passée ? Souvenez-vous, l'été dernier : début septembre, je flippais grave (cliquez ici et vous verrez bien...). Le stress, la peur d'un nouvel univers, de nouveaux horizons. Et puis ça s'est bien pas. J'y ai rencontré des camarades de classe formidables, dont une partie que je retrouverai dès demain, et des profs tout aussi géniaux et passionnés. Leurs noms ? Delphine, Antoine, Albane, Sarah, Marie-Charlotte, Angélique et Maxime d'un côté ; Jacques, Louis, Monique et Anissa de l'autre.

C
omment oublier cette soirée à l'O'Khallagan, cette autre à Pizza P, les expériences et anecdotes insolites du prof d'histoire, le sapin de Noël dans la salle, les affiches surréalistes du bâtiment E, les Pyrénéens à engloutir devant Eyes Wide Shut en cours d'allemand, les délires d'Antoine et ses élucubrations hurluberluesques sur des motifs, comment dire... privés... Enfin bref, tirer un trait sur une année aussi belle et aussi riche que celle-ci ? Non mais vous déconnez !!!

# Posté le lundi 03 septembre 2007 16:42

La culture, oui... mais pas à n'importe quel prix !

La culture, oui... mais pas à n'importe quel prix !
Ce soir, contrairement à l'accoutumée, je voudrais pousser un coup de gueule et décerner un zéro pointé aux gestionnaires de l'Opéra de Rouen | Haute-Normandie, qui se foutent vraiment du monde.

Pour résumer, cela fait plusieurs jours que je vois de très belles affiches 4x3 disséminées un peu partout dans Rouen, annonçant qu'on donnera Rigoletto, de Giuseppe Verdi, au Théâtre des Arts du 5 au 13 octobre, dont vous voyez un extrait ci-contre. Je me rends sur le site de l'Opéra, fais ma petite recherche, quand soudain, au moment où je clique sur Tarifs, apparaît une vision d'horreur.

62 ¤ pour la première série, dans la corbeille ou au bord du premier balcon. 54 ¤ pour la deuxième série, dans les balcons. 36 ¤ pour la troisième série, au fond du deuxième balcon ou sur les côtés. 10 ¤ pour le poulailler, là où il faut se tenir debout pendant toute la représentation, serrés comme des sardines. Mais de qui se moque-t-on ? Et à côté de cela, nos chers gouvernants veulent promouvoir l'accès des classes les plus modestes à la Culture avec un grand C ?

C'est une honte ! Et c'est malheureusement pareil pour le cinéma et l'achat de musique, un peu moins pour la littérature (avec les livres de poche)... Les actes se doivent de suivre les paroles, et quand on se permet de parler d'égalité des chances pour tous dans ses discours et sa campagne présidentielle, on ne doit pas en profiter pour favoriser les plus aisés et entretenir un peu plus la reproduction sociale. Une théorie très bourdieusienne, peut-être un peu datée, j'en conviens, mais qui se concrétise tous les jours, au détriment des couches moyennes et populaires.

En espérant qu'un jour, cette situation évoluera. Même si, pour le moment, c'est pas gagné d'avance...

# Posté le samedi 01 septembre 2007 15:32

Les Lapinos chez Papy et Mamie, de Pierre Couronne (coll. Cerf-Volant, éd. Beaumont)

Les Lapinos chez Papy et Mamie, de Pierre Couronne (coll. Cerf-Volant, éd. Beaumont)
Les Lapinos, c'est la vie et bien plus encore. Depuis vingt ans, Pierre Couronne nous propose de suivre les aventures d'une gentille petite famille de lagomorphes : Papa, Maman, et les trois enfants Petipol, Philipon et Pâquerette. Déjà 14 ouvrages ont été publiés, tous avec l'acclamation unanime des critiques littéraires, de Pomme d'Api à Babar Magazine, en passant par Famili et T'choupi...

Ce quinzième tome est consacré aux grands-parents, ces êtres merveilleux qui vivent à la campagne et accueillent les petits Lapinos en vacances. La culture du potager, la peinture, la pêche sur une barque au milieu du lac, le jeu des petits chevaux, l'atelier crêpes, l'allumage d'un feu dans la cheminée ou le feuilletage de l'album photos de la famille... cet ouvrage traite sans aucun tabou et avec simplicité des bons moments que l'on passe avec Papy et Mamie.

Au-delà de cette description somme toute assez sommaire de la vie avec les aïeuls, on peut y voir une description quasi-sociologique du statut des grands-parents dans les familles françaises en ce début de 21ème siècle. Dynamiques, joyeux et pleins d'entrain, Papy et Mamie ont acquis un vrai rôle dans l'éducation des enfants, bien différent de celui des parents. Ils maintiennent et inculquent le savoir traditionnel aux générations futures, malgré la modernisation accélérée des modes de vie, ils font découvrir des milieux naturels qu'il convient de préserver, et incarnent un témoignage vivant, aux yeux des plus jeunes, de l'histoire de la famille, que ces derniers pourront transmettre à leurs descendants.

Les Lapinos chez Papy et Mamie, un ouvrage à lire et à relire pour toutes les générations. Richement illustré, avec des textes simples et accessibles à tous. Je vous recommande tout particulièrement les autres ouvrages de Pierre Couronne, dans la même collection, qui sauront vous enchanter et vous faire découvrir d'autres aspects de la vie quotidienne d'une famille moyenne dans la France contemporaine.

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*Dans la même collection :*

Les Lapinos au bord de la mer
Les Lapinos à la maison
Les Lapinos en pique-nique
Les Lapinos à la campagne
Les Lapinos prennent le bateau
Les Lapinos à l'école
Les Lapinos aux sports d'hiver
Les Lapinos à la piscine
Les Lapinos en avion
Les Lapinos à la montagne
Les Lapinos prennent le train
Les Lapinos à la fête foraine
Les Lapinos à la pêche
Les Lapinos au cirque
Les Lapinos chez Papy et Mamie

J'apprends à lire l'heure avec les Lapinos
J'apprends à nouer mes lacets avec les Lapinos

# Posté le mercredi 29 août 2007 06:30

Modifié le mercredi 29 août 2007 08:07

Ni d'Eve ni d'Adam, d'Amélie Nothomb (éd. Albin Michel)

Ni d'Eve ni d'Adam, d'Amélie Nothomb (éd. Albin Michel)
Stupeur et tremblements pourrait donner l'impression qu'au Japon, à l'âge adulte, j'ai seulement été la plus désastreuse des employés. Ni d'Eve ni d'Adam révélera qu'à la même époque et dans le même lieu, j'ai aussi été la fiancée d'un Tokyoïte très singulier.
Amélie Nothomb.

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On l'attendait au tournant, Amélie Nothomb. Il faut dire que Journal d'Hirondelle, son précédent roman, sorti en 2006, n'a pas reçu un accueil très chaleureux (j'ai vu que des Nothombophiles consacraient ce roman comme la pire oeuvre d'Amélie Nothomb jamais publiée, je n'en sais rien, je ne l'ai pas lu). Les critiques voyaient déjà le début de la fin pour cette romancière graphomane au passé singulier et au style dynamique et enlevé. Mais apparemment, non.

Ni d'Eve ni d'Adam est tout bonnement l'un de ses meilleurs romans. Amélie renoue avec sa période japonaise, riche en aventures, et nous raconte l'histoire de son retour dans ce pays qui l'a vue naître et où elle a vécu ses premières années. Elle s'installe à Tokyo et donne des cours de français en attendant de trouver du travail. Son premier (et unique) élève se nomme Rinri, il est fils de joaillier et c'est un garçon... très particulier. Il a vingt ans, elle en a vingt-et-un, et entre eux se noue une relation de plus en plus complice... et plus si affinités.

Les cultures s'entrechoquent, se recoupent, se mélangent : Zarathoustra escalade le mont Fuji, on fait de la fondue savoyarde avec du polystyrène expansé et de l'antigel, Jésus devient un samouraï, on lit du Marguerite Duras en plein coeur d'Hiroshima (le titre du roman lu, on le devine aisément). Les descriptions sont rondement menées, les dialogues sont toujours aussi savoureux : ça ne manque pas de sel, c'est beau et le pire, c'est qu'on peine à s'en lasser. On retrouve (enfin !) la plume percutante d'Amélie Nothomb, celle qui a fait son succès en librairie et qui lui a valu la consécration avec Stupeur et tremblements, Grand Prix du roman de l'Académie Française en 1999 et brillamment adapté au cinéma (avec Sylvie Testud).

En résumé, le dernier Nothomb est un bijou. Précipitez-vous pour le lire !

# Posté le mardi 28 août 2007 05:44

La France a peur de Nik Oumouk, de Manu Larcenet (coll. Poisson Pilote, éd. Dargaud)

La France a peur de Nik Oumouk, de Manu Larcenet (coll. Poisson Pilote, éd. Dargaud)
Eh bien oui, Jean-Philippe, la banlieue est à feu et à sang... Rappelons que ce soulèvement fait suite à la mort de deux jeunes poursuivis par la police. Cernés, ils se sont réfugiés dans une manufacture de tronçonneuses, et là, c'est le drame... Après enquête, il apparaît qu'il s'agissait de deux jeunes néonazis de la division Charles Martel. Mais il est trop tard pour calmer les esprits surchauffés... Il n'en fallait pas plus pour que les banlieues s'embrasent. Les voitures brûlent, les magasins sont pillés et l'on parle même de sacrifices humains. Information aussitôt démentie, mais il n'y a pas de fumée sans feu... Le chaos règne sur ces territoires de non-droit ravagés, sous le joug de barbus radicaux où même la police n'ose plus s'aventurer à faire des bavures... Nos banlieues sont-elles devenues des Etats dans l'Etat tombés aux mains des extrêmistes religieux ? C'est bien possible, j'en ai peur... Les Français se posent des questions : mes enfants sont-ils en sécurité ? Et ma voiture ? Quand ils seront au pouvoir, les islamistes vont-ils fermer les lieux où on boit de l'alcool ? Oui, Jean-Philippe, véritablement, ce soir, LA FRANCE A PEUR !

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C'est ainsi que débute le deuxième tome des aventures de Nik Oumouk, jeune des cités aux origines nord-africaines qui, lui aussi, veut faire peur à la France en jetant un caillou sur une voiture. Mais un bataillon de CRS le découvre dans une posture peu confortable : un cocktail Molotov à la main. Il écope de travaux d'intérêt général à effectuer à Rallerolles-Pamoisan, charmant petit village très franchouillard, chez André Grimbeyroux, agriculteur et inventeur du kebab bio... aux goujons de la Drance. Mais il est menacé par la firme Montosang, Inc., qui elle aussi produit l'Alterkebab, beaucoup moins cher... C'est un portrait hilarant de la vision des banlieues dans les médias et à la campagne, des problèmes de délinquance et des moyens d'y remédier, du monde agricole moderne et de la lutte du bio contre les OGM... que nous offre Manu Larcenet dans un album à l'humour vif. Toujours aussi drôle, et pourvu que ça dure !!!

# Posté le jeudi 23 août 2007 05:54

Modifié le jeudi 23 août 2007 16:46