Hier, une petite virée dans le Calvados pour un grand bol d'air pur. La mer, qu'on voit danser le long des golfes clairs (merci m'sieur Charles), n'avait pas des reflets d'argent mais des moirures verdâtres, et c'est bien normal car c'est à ça qu'on a droit quand on n'a pas la chance d'aller se baigner aux Seychelles...
Une journée aussi placée sous le signe de l'Histoire, la vraie, la grande, celle qu'on apprend dans les livres, ce grand tralala (merci m'sieur Louis). Parce que, quand on longe la côte d'Ouistreham à la pointe du Hoc, comment ne pas penser au Débarquement ? Mon morceau d'Histoire préféré, parce qu'il est proche de moi, tant sur la ligne du temps que sur le plan strictement géographique. Le port artificiel d'Arromanches, les blockhaus le long du rivage, et bien sûr, un moment de recueillement au cimetière américain de Colleville-sur-Mer (voir la photo).
Un lieu que j'affectionne particulièrement, pour plusieurs raisons : déjà, parce que c'est intense sur le plan émotionnel. Ensuite, parce que c'est magnifique : les croix parfaitement alignées, les monuments de pierre blanche sur lesquels sont gravés des textes magnifiques (en particulier la colonnade centrale et sa statue de bronze), les bassins, les pelouses. Ensuite, parce que c'est calme : le bruit des vagues, les pas des visiteurs, quelques murmures, et rien que le silence et l'apaisement... Et puis il y a un petit morceau d'Histoire enfoui dans un recoin du cimetière, sous une dalle de marbre : les instructions du général Dwight D. Eisenhower, placées dans une capsule le 6 juin 1969 et que l'on ne pourra lire que le 6 juin 2044 - secret défense oblige. Enfin, c'est un lieu magique. Je suis pas spécialement branché cimetières mais je dois avouer que j'aime là où la vie a repris le pas sur la mort, ce qui est le cas à Colleville.
La pointe du Hoc m'a vraiment impressionné : des trous d'obus par dizaines, des restes d'installations allemandes dans un état soit de dégradation avancée, soit de conservation acharnée, des falaises face à la mer. Et tous ces hommes et ces femmes qui se sont battus, sacrifiés, pour libérer un pays qu'ils ne connaissaient même pas, ça force le respect.
Mais ça ne m'a pas empêché de faire des trucs un peu moins sérieux : concours d'enlisement dans la vase, dessins débiles sur la place, éclaboussage à l'eau de mer de tout ce qui pouvait passer. De quoi décompresser après une première semaine de Khâgne, prémisse d'une année où le verbe bûcher (c'est normal, on est à Jeanne d'Arc) se conjuguera à toutes les sauces !